Histoire d’A…llaitement part 2 : à la maternité

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et il est né…

Alors qu’on était tous les deux sonnés par cette naissance, tout doucement, je l’ai approché de mon sein et il s’est mis à téter. Sa petite bouche parfaitement ouverte, parfaitement placée, il m’a montré qu’il savait déjà.

Nous sommes restés 3 jours à la maternité. 3 jours durant lesquels je l’ai gardé en peau-à-peau, où j’ai essayé d’être à l’écoute des besoins de mon bébé, pour favoriser la montée de lait. Au moindre signe d’éveil, je le mettais au sein. Même s’il l’avait lâché 3min plus tôt. L’auxiliaire de puériculture passait vérifier qu’il tétait bien, lui caressait le cou, l’encourageant à continuer (et j’ai vite compris que cela énervait mon Poc tout juste né). Je devais également noter les heures des tétées et leur durée sur une feuille… chose que j’ai fait au pif, trouvant ça assez infantilisant et absolument pas compatible avec l’allaitement à la demande.

Je me rappelle du 2ème soir, la “nuit de la java” comme on l’appelle. Le Poc ne cessait de pleurer que lorsqu’il était au sein et moi, je n’en pouvais plus. J’avais très mal et vers 2h du matin, j’ai craqué. On n’arrivait plus à le consoler, je ne supportais plus qu’il tète, on a essayé les bouts de seins sans succès et quand la sage femme m’a proposé de lui donner un complément, j’ai dit oui. Ca allait contre le peu de principes que j’avais, mais en pratique, quand tu n’en peux plus, tes principes, tu t’assoies dessus. Le Poc s’est calmé, il s’est enfin endormi… et je me suis retrouvée en tête à tête avec le tire-lait qu’elle m’a emmenée, incapable de m’en servir. Je ne sais même pourquoi elle m’a demandé de m’en servir, mais je l’ai vécu comme une menace. Cette machine était là pour prendre mon relais. Pourquoi???

J’ai pleuré, beaucoup… me sentant incapable, faible. L’auxiliaire de puériculture est arrivée à ce moment là et m’a jeté cette phrase assassine au visage : “mais, vous êtes sûre que vous voulez vraiment allaiter votre bébé?” Oui, j’en étais sûre. Et non, ce n’est pas avec ce genre de phrases qu’on aide les mères.

Le lendemain, la montée de lait s’est faite, le Poc a été pesé et j’ai senti qu’on m’a enfin fait confiance. Mon fils avait pris du poids, j’étais donc capable, compétente, apte à. Mais que se serait-il passé si ce n’avait pas été le cas? Combien de mères sont “sous pression” à la maternité? Combien sont noyées sous les conseils contradictoires? Combien d’allaitement tombent à l’eau pendant ces quelques petits jours?

Une fois à la maison, je pensais que ce serait beaucoup plus simple : plus de pesée journalière, plus de mauvais conseils… juste notre bébé et nous. J’étais un peu naïve…

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Histoire d’a…llaitement (part 1)

Aujourd’hui, sur twitter, j’ai lu une phrase qui disait grosso modo “l’allaitement c’est difficile au début mais personne n’en parle, c’est tabou”. Ca m’a parlé, j’ai voulu réagir et puis… 140 car. c’est trop peu, ça valait bien un billet (ou plusieurs… je ne sais pas encore combien…)

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Je me souviens de l’entretien du 4ème mois chez la sage-femme, de sa question sur notre souhait (ou non) d’allaiter. Oui, NOTRE souhait, à mon conjoint et moi. Je me souviens de ma réponse : “je ne me vois pas faire autrement, mais j’ai peur“. Peur de ne pas savoir faire (oui!) peur de la douleur, peur de la fatigue, peur d’échouer. En l’écrivant, je me rends compte à quel point on marche sur la tête, car ces craintes là, qui ne les a pas en France en 2014?

Je n’ai aucun souvenir de femme allaitant devant moi. Je n’avais aucun exemple d’allaitement long mais une succession de “je n’avais pas assez de lait” “il a vite préféré le biberon” “ça n’a pas marché” “mon lait n’était pas assez riche” “mon bébé n’a jamais su téter” “qu’est ce que j’ai eu mal”. Comment se sentir à l’aise après ça? Comment se dire qu’on est compétente alors qu’on croule sur les messages publicitaires et que la norme semble être le biberon?

Ma sage-femme, qui est aussi consultante en lactation, a su trouver les mots pour me rassurer. En l’écoutant j’ai vite compris que ces femmes avaient sûrement été mal conseillées, qu’il y avait énormément d’idées fausses sur l’allaitement, que beaucoup de professionnels de santé n’étaient pas formés et/ou mal informés. Il y a, oui, des femmes qui ne peuvent pas allaiter. Mais elles sont beaucoup plus rares que ce que l’on entend. Aujourd’hui, on a le choix de pouvoir allaiter ou non. Et ce choix devrait être respecté, accompagné. (et cela marche aussi pour les femmes ne souhaitant pas allaiter, que cela soit bien clair!)

J’ai choisi, en sortant de son cabinet, d’essayer (car ce n’est pas toujours facile, on a besoin de se préparer, aussi) d’écouter le moins de monde possible et de questionner les bonnes personnes. Ma sage-femme, ce jour-là, m’a seulement dit qu’elle serait là pour répondre à mes questions, qu’elle serait là en cas de problème, même tard, même le week-end, même dès la maternité. Je ne savais pas comment faire, je ne savais pas si j’allais y arriver, mais je savais vers qui me tourner en cas de souci, et c’était déjà énorme!

J’ai suivi les cours de préparation à l’accouchement et j’en ai retenu deux choses qui m’ont paru essentielles :

  • l’allaitement répond au principe de l’offre et de la demande (ou plutôt de la demande et de l’offre!!!) : c’est en tétant que le bébé envoie le message au corps de fabriquer du lait. Plus il tète, plus il y aura de lait.
  • l’allaitement ne doit pas faire mal (passé les premières secondes / minutes) sinon il peut y avoir un problème de position du bébé ou un problème autre qui demande l’oeil expert d’un professionnel formé à l’allaitement (sage-femme, consultant en lactation…)

Pour tout le reste, il allait falloir qu’on se fasse confiance, mon bébé et moi, mais ça, je ne le savais pas encore…

edit 1: On connaît toutes la leche league (qui m’a beaucoup aidé aussi), mais je vous conseille également le site “IPA informations pour l’allaitement” et notamment cette rubrique que je trouve très intéressante : http://www.info-allaitement.org/index.php/fildesmois.html#grossesse

edit 2 : pour l’avoir vu sur d’autres blogs, je sais que c’est un sujet sensible. Merci de rester courtois et ouverts dans vos commentaires…

 

Et toi, tu portes comment?

On me l’a demandé plusieurs fois sur Twitter ou Instagram, aujourd’hui je vous dis enfin tout sur le portage et nous!

IMG_20130905_144619Depuis le début nous avons beaucoup porté le Poc, d’abord dans nos bras mais aussi en écharpe, sling ou préformé. Je m’étais pas mal renseignée pendant ma grossesse sur le portage physiologique, j’avais même eu un cours par ma sage-femme, restait une inconnue : qu’est ce qui nous conviendrait le mieux?

On parle beaucoup de portage physiologique, certes, mais le moyen de portage universel reste les bras : tout le monde porte! Je ne fais pas partie des ayatollahs de l’écharpe, je crois que tant qu’on répond au besoin de contact et de portage d’un bébé, tous les moyens sont bons. Je préfère voir un bébé content en babybjorn qu’un bébé hurlant en poussette, ou un bébé super mal positionné en écharpe… et oui…

[Je précise que je donne ici mon avis d’utilisatrice lambda MAIS avec une forte instabilité articulaire. Mes épaules restent mal à leur place, j’ai souvent très mal au dos et au bassin. Je fais également une taille 34/36, ce qui a son importance.]

– L’écharpe –

Avant la naissance du Poc, j’ai investi dans une écharpe Storchenwiege Léo de 4m10 et on m’a également prêté une écharpe JPMBB longue.

IMG_20130905_130439 (1) Je vous le dis direct : je n’ai pas du tout accroché avec la jmpbb! Je l’ai trouvée très lourde, trop longue, trop chaude… et le fait de devoir faire plusieurs couches pour avoir un soutien médiocre ne m’a pas plu. Je sais que cette écharpe a tous les louanges, mais pour moi elle ne convient clairement pas à un bébé d’été ou un bébé plus grand, pour le reste, je lui laisse le bénéfice du doute!

Par contre, avec ma Storch, on vit une vraie histoire d’amour! Comme toute histoire d’amour, on a eu notre période trouble (aka après la naissance du Poc) : j’ai eu des difficultés à me familiariser avec les noeuds, mon bébé alors tout petit s’impatientait vite, j’avais du mal à avoir une tension correcte, je me faisais mal aux épaules… je l’ai donc laissée de côté au profit du Manduca. Depuis quelques semaines elle est de nouveau en service au quotidien et c’est mon moyen de portage préféré, en kangourou ventral ou dorsal, je la sors tout le temps! Pour le porter en extérieur, aller faire 3 courses au village, le bercer chez des amis, faire la cuisine… Elle s’est aussi rôdée avec le temps (je l’ai aussi laissée tremper une nuit, elle est restée sur le canapé…), le tissu est d’une douceur folle tout en restant bien soutenant. Bref, je la conseille!

Ses points forts : sa légèreté, un tissu soutenant, le choix des coloris.

Ses points faibles : il vaut mieux faire un atelier pour apprendre à bien s’en servir

– Le sling –

IMG_20130921_154627 (1)Là aussi j’ai craqué pour un sling de chez Storchenwiege, même tissu Léo que mon écharpe. Il est venu agrandir notre collection il y a 4 mois.

Je trouve que le sling est un faux ami. Vendu comme un moyen de portage simple, et sans noeud, il n’est pas pour autant facile de le prendre en main. Quand je l’ai reçu, j’avais déjà l’habitude de porter le Poc en écharpe, pourtant j’ai du faire appel à des amies pour bien m’en servir. J’avais des difficultés pour avoir une tension correcte sans me faire mal à l’épaule, mais aussi pour que mon bébé soit bien en position physiologique.

Une fois que j’ai eu les “trucs” par contre, je dois dire que c’est le portage d’appoint que je préfère : pour aller de la voiture à la pharmacie, pour une course de 5 minutes, pour l’endormir rapidement… en 2 minutes il est installé, je le porte sur la hanche, il peut voir tout autour de lui tout en restant en contact (et en se blottissant tout contre moi)… je l’adore! là aussi le tissage diamant a fait ses preuves, il soutient bien et est très doux. Je regrette juste que les plis ne soient pas cousus. J’ai testé un sling de chez Néobulle chez une amie et j’ai beaucoup aimé la façon dont le tissu se répartissait sur l’épaule. Question de goût!

Ses points forts : rapidité d’installation, bon maintien, excellent moyen de portage sur la hanche

Ses points faibles : portage d’appoint uniquement, pas de portage dos

– Le BabyCarrier –

IMG_20131023_104817 (1)On reste dans la famille Storchenwiege avec le Babycarrier qui nous a rejoint en octobre. C’était une période où le Poc ne pouvait pas être posé, où il passait ses journées sur moi et où je ne maîtrisais pas encore assez l’écharpe. Ça a été un vrai coup de coeur! J’ai retrouvé le côté cocon de l’écharpe avec en prime une facilité et une rapidité d’installation grâce à la ceinture et aux bretelles rembourrées façon sac à dos. Le tablier se règle en largeur et en hauteur et s’adapte donc bien aux touts petits bébés, tout comme le rembourrage au niveau de la tête qui soutient bien les cervicales à cet âge délicat. La position physiologique est respectée, même si j’avoue avoir du mal à le faire quand je le passe en dorsal (où j’ai un moins joli arrondi). C’est également le moyen de portage préféré de mon amoureux qui n’arrive pas à se servir de l’écharpe ou du sling. On s’en sert très souvent, pour des promenades plus longues, pour les courses…

Cependant un gros point noir pour moi : la taille de la ceinture! Je fais un 34/36 et elle est 10 fois trop grande, même serrée au maximum. Je repasse les bretelles dessus pour finir mon noeud mais ce n’est pas des plus confortables. En portage dos je trouve les bretelles inconfortables, trop rigides.

Ses points forts : rapidité et facilité d’installation, côté cocon de l’écharpe, s’adapte à tous les âges

Ses points faibles : ceinture beaucoup trop grande, portage dos plus difficile

– Le Manduca –

IMG_20130816_123345 (1)Le Manduca a été notre meilleur ami lors des débuts, le Poc a dormi des heures dedans, sur son père ou sur moi. La culotte pour nouveau-né remplit bien sa fonction même si ce n’est pas le top. Je m’explique : le bébé a les pieds qui prennent appui sur la ceinture et avec ses réflexes archaïques il a vite fait de se mettre “debout”, du coup la position physiologique n’est pas respectée, il est droit comme un i. Cependant, pour nous ça a été une bonne solution pour le porter entre 3 semaines et 3 mois (sachant qu’on a un bébé de petit gabarit). Comme je l’expliquais plus haut, je n’arrivais pas à me servir de l’écharpe sans me faire mal aux épaules, le côté “sac à dos” était parfait.

On l’a ressorti récemment car le Poc est maintenant suffisamment grand pour y être bien installé et c’est un portage bien différent des débuts. Par contre je l’utilise vraiment en appoint, pour faire de petites courses car j’ai le même souci que sur le BabyCarrier : la ceinture est trop grande et appuie sur mes hanches. Vu qu’elle est rigide, ça me blesse. C’est LE point noir. Idem en portage dos, c’est vite douloureux.

Pour moi ça reste cependant un très bon porte bébé ergonomique. Les réglages sont fins, s’adaptent bien au porteur comme au porté, un peu comme un sac de randonnée (dans laquelle on porte en plus un bébé, donc.). Il est confortable pour les deux, les bretelles, la ceinture et le tablier rembourrés sont tops. Il n’y aurait pas cette histoire de ceinture trop grande, je l’utiliserais très souvent.

Ses points forts : rapidité d’installation, réglages fins, confort

Ses points faibles : convient peu aux bébés de moins de 6 mois, ceinture trop grande

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Le problème du portage c’est qu’on devient vite “addict”. Aujourd’hui j’ai envie de tester de nouveaux modèles, des mei-taï, d’autres pré-formés, des écharpes dans d’autres matières… et vous? vous portez comment?

Des couches lavables dès la naissance?

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Avant ma grossesse, mon amoureux a eu un jour cette réaction face à une pub pour pampers : “dis, on lui mettra pas ça à notre bébé hein? j’ai vu qu’il y avait des couches lavables, c’est mieux quand même!”. Sa réaction m’a surprise mais le ton était donné.

Pendant ma grossesse notre entourage a été assez dubitatif : “mais pourquoi vous allez vous emm**der avec ça?” “c’est un retour en arrière” et je passe sur le regard horrifié de ma belle-mère avant qu’elle comprenne que depuis son époque les choses avaient changé. Et puis comme le dit ma soeur “tant que vous mettez pas de la sciure dans le fond de ses couches, tout va bien!”

On s’est bien renseignés, j’ai posé 10 000 questions à ceux qui en utilisaient et je me suis rendue compte que peu de personnes en utilisaient dès la naissance. L’argument n°1 étant que les couches tailles naissances sont utilisées très peu de temps, l’investissement n’est pas du tout rentabilisé. Malgré tout on a voulu tenter le coup.

Comment on s’y est pris : 

On a d’abord pensé louer des couches, des packs existent un peu partout sur le net ou en boutique physique. Et puis je n’étais pas vraiment satisfaite car les modèles qui me tentaient n’étaient pas dans ces packs ou à des prix prohibitifs. Alors je me suis tournée vers le marché de l’occasion (il faut savoir que les couches, si elles ont été bien entretenues / décrassées sont bien plus absorbantes que lorsqu’elles sont neuves) et j’ai aussi eu l’énorme chance qu’on nous en donne un bon nombre (encore mille merci copiiiine).

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Il existe différents systèmes (je vous laisse lire ceci sur l’excellent site d’ApiNapi) et nous avons voulu partir sur du Te1, ce qui se rapproche le plus des couches jetables. Tu mets la couche, elle est sale, tu la laves, point. On a testé essentiellement 3 marques : Bumgenius, Grovia et Itti Bitti en tailles naissance ou S. Il faut savoir que toutes les couches ne conviennent pas à tous les bébés ni à toutes les morphologies, ce que je dis ici est valable pour notre Poc…

A la maternité, on a utilisé le paquet de Pampers fourni mais une fois de retour à la maison, dès le premier soir on étrennait (hum hum) les couches lavables. Notre première réaction a été de se dire que c’était vraiment simple à utiliser, et on a été tous les deux conquis. On avait prévu des paquets de couches écologiques pour prendre le relais (des nature babycare de Naty) et on a pu alterner pour les sorties ou les moments où on était en rade de couches. On s’est très vite rendu compte que le Poc était beaucoup moins rouge en couche lavables, sa peau semblait apprécier.

Et ces tests alors?

J’aimais beaucoup la forme des Grovia, beaucoup moins le système de boutons pressions : le Poc avait des soucis de coliques et son ventre gonflait beaucoup d’un moment  à l’autre de la journée, les fermetures à scratchs permettaient de mieux les ajuster au bidon du moment.

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Pour les Bumgenius, rien à redire! C’était LA couche qui lui convenait vraiment. Bien ajustée grâce aux scratchs, des élastiques de cuisses à toute épreuve… parfait pour notre petit modèle! Le gros avantages étant aussi qu’elles sont fines et font de toutes petites fesses faciles à caser dans des minis habits.

Enfin, les Itti Bitti d’Lish AIO ont pris le relais quand il a été un tout petit peu plus grand. On a adoré ce système très modulable : on ajoute inserts et boosters selon ses besoins, par un code couleur de boutons pressions. Rien à redire non plus sur ce système, et en prime je craquais complètement sur son ptit cul en moumoute! (il m’en faut peu).

Si c’était à refaire?

J’aurais moins peur de tester d’autres systèmes (notamment le système couche + culotte de protection) et je commencerais dès la maternité.

(Je n’ai aucun “partenariat” avec les boutiques vers lesquelles je fais des liens mais pour les suisses – et les autres – je ne peux que vous recommander la boutique et le blog de deedeen, c’est “comme une taupe” et vous y trouverez des produits de qualité, Deedeen a une démarche éthique à laquelle j’adhère totalement, foncez!)

N’hésitez pas si vous avez des questions, j’y répondrai en commentaire exceptionnellement pour que tout le monde en profite!