A sa place

DSC_0685

A 7h45, tous les matins, le même rituel. “Tu attrapes Doudou? on va à la crèche!” “didiu?” il le cherche du regard, le trouve en général en plein milieu du salon et rampe vers lui en rigolant. Il me rejoint aussitôt vers la porte, descend la marche les pieds en premier, sur le ventre, et attend.

Sur le chemin de la crèche je ne l’entends pas. Il rigole, parfois. Je l’observe dans le rétroviseur, il est serein, joyeux. Mon bonhomme. Une fois là-bas, pendant que j’enfile mes surchaussures il va à toute vitesse à son casier et s’amuse à l’ouvrir puis le fermer. Puis l’ouvrir, puis le fermer. Puis… je le prends dans mes bras et on entre dans la salle d’accueil.

Depuis une dizaine de jours, je le sais, le Poc est heureux d’aller à la crèche. Il tend son doudou à l’auxiliaire de puériculture présente : “tiééééé”, puis lui tend les bras. Il me regarde alors, l’air de dire “t’es encore là toi?”. Ce soir, pour la première fois, il n’a pas voulu partir. Occupé à jouer avec la cabane en plastique des grands, il m’a repoussé. Du tout petit pincement au coeur qui m’a pris le matin où il n’a pas voulu me faire de câlin, il n’en reste rien. Je n’ai pas voulu me sentir vexée ou repoussée. J’ai choisi d’être fière de lui et de sa capacité à se détacher de nous, d’être en confiance. Je suis fière de ce petit bout de bonhomme qui s’épanouit sans nous, qui a trouvé ses marques, ses repères. Je suis fière de le voir si à l’aise, si bien dans ses babybaskets, si souriant, patient, émerveillé par tout ce qui lui est proposé.

Le Poc est heureux à la crèche. Je suis heureuse pour lui.

Advertisements

Sa petite vie sans nous

DSC_0273

Il y avait sa petite vie en crèche familiale, avec sa “nounou” et les copains. Cette nounou à qui on a accordé notre confiance de parents, qui n’avait pas du tout les mêmes façons de faire que nous, qui n’en comprenait pas certaines… mais après tout, on n’a jamais eu à s’occuper de 4 enfants de moins de 2ans en même temps, on savait qu’elle faisait au mieux pour que tous se sentent bien, on a lâché prise sur le reste. Les premiers temps je me rappelle avoir eu du mal avec le parfum qu’elle portait et qui imprégnaient les vêtements du Poc. Mais c’était la preuve qu’il était dans ses bras, qu’elle le cajolait, consolait… et avec le temps, j’ai apprivoisé ce parfum.  Celui de sa petite vie 4 jours par semaine.

Il y a depuis quelques jours sa petite vie en crèche collective. Celle où 4 personnes s’occupent de lui, où 4 personnes ont un regard différent sur lui, une manière de faire. J’aime les 5 minutes du matin et du soir pendant lesquelles on discute de ce qu’il a fait. J’aime les anecdotes. J’aime aussi savoir ce qui n’a pas marché. J’aime par dessus tout ce moment où il ne m’a pas encore vu, où je le vois jouer, seul ou avec les copains, dans un coin ou dans les bras d’une puéricultrice. Et son visage qui s’illumine quand son regard croise le mien.

Il y a sa petite vie du jeudi, avec ses grands-parents. Ils sont venus pour nous dépanner quand j’ai trouvé du travail et ont décidé de continuer cette année, malgré la place en crèche disponible. Cette petite vie qui commence parfois le mercredi soir. Cette petite vie entre eux, quand il est malade ou pendant quelques jours cet été, pour nous dépanner. Il a dormi chez eux pour la première fois quelques jours après ses un an. Je leur ai proposé à l’improviste, alors qu’ils étaient chez nous pour un repas.  Je n’ai pas trop réfléchi à vrai dire, mais je n’appréhendais pas du tout. On était prêts.
On n’est pas toujours d’accord, et dans leur façon de faire je tique sur certaines choses. Je le dis quand ça me dérange trop ou quand je vois qu’ils ne se rendent pas compte que ça peut être dangereux. Mais vous verriez son sourire quand ils arrivent! Ses bras tendus vers eux, son rire dans les bras de son grand-père, les câlins à sa grand-mère. Cette relation là est précieuse et je suis heureuse de pouvoir leur offrir, de par leur proximité et leur disponibilité.
C’est une chance.

Il me tarde presque qu’il grandisse pour l’entendre nous raconter ses petites vies sans nous, avec ses mots. Les anecdotes, ce qu’il a retenu, aimé. Ces mille petites vies qui le font grandir, aimer de nouvelles choses, avancer. Et qui nous permettent, à nous, parents, couples, de nous retrouver.

C’était comment, la vie, avant?