Ta fille en rose, mon fils en bleu.

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Elle poste une photo de son fils qui joue à la poupée, qui passe l’aspirateur, qui se déguise en fée. Elle décrit sa fille qui adore jouer aux voitures, a eu un circuit pour noël ou veut se déguiser en pompier et parait tellement fière d’avoir échappé à Hello Kitty (ce suppôt de satan) (toute ressemblance avec des personnes existantes ne serait que pure coïncidence). On a l’impression qu’elles le portent en étendard, fières de ne pas mettre leur enfant dans les cases du genre. Si elles ont un garçon, il n’aura pas de petites voitures. Si c’est une fille, pas de rose dans sa garde robe. Elles s’interdisent les “codes” garçon/fille de peur d’enfermer leur enfant dedans.

Elle dit que les dinettes, c’est pour les filles. Sa fille est habillée entièrement en rose, son fils arbore des tee-shirt “fort comme papa” et elle en est fière. Il joue à des jeux de garçon, elle ne lui mettra jamais de vernis, même s’il en a envie, car c’est pour les filles. Elle dit que sa fille est garçon manqué car elle joue au foot. Si son fils pleure, il lui dit “ne fais pas la fillette”.

D’un extrême à un autre, est ce qu’on ne pourrait pas voir toutes les nuances? Est ce qu’en voulant trop combattre le gender on ne tombe pas dans l’excès inverse? On vit dans une société profondément sexiste mais il y a mille façons de changer les choses, à son échelle.

Je le vois sur Twitter. On est obligées de se justifier là-dessus, très souvent. Alors je pose la question. Est ce qu’on est moins féministe parce qu’on aime voir son fils porter du bleu, un baggy, ou jouer aux voitures? Est ce qu’on est moins féministe parce qu’on adore le liberty et les paillettes sur les ongles de sa fille?

Et si on respectait juste nos enfants, sans se prendre la tête sur ce que la société pense ou dit? Si on leur donnait juste confiance en eux, en leurs capacités, indépendamment de leur sexe ou de la façon dont on les habille? Si on était juste à leur écoute, tout simplement? A l’écoute de leurs goûts, qui sont, on ne peut pas s’en cacher, façonnés par une société sexiste… tout en ouvrant le champ des possibles?

Je n’ai pas besoin de mettre du rose à mon fils pour savoir que s’il veut être danseur je l’encouragerai dans son choix. Et que s’il veut être bodybuilder, je l’encouragerai aussi. Je me fiche des remarques que mon beau-père m’adresse quand il voit que son petit-fils a une poupée noire habillée en rose. Je lui répond juste que oui, il aime jouer au papa et que les autres poupées étaient moches. Ce qui est, en fait, la réalité.

Je ne porte rien en étendard. Je ne revendique rien.

Enfin si,

Le respect.

Et puis de toute façon, le rose, ça lui donne mauvaise mine.

 

Du baume au corps

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En entrant dans son cabinet, je suis happée par l’odeur d’encens qui reste dans le fond de l’air. Je m’installe sur les fauteuils en rotin et je remarque les mandalas sur les murs, la tenture sur le canapé, le grand poster du kama-sutra de la grossesse, le transat, le poupon désarticulé et les coussins au sol. D’une voix douce, calme, posée, elle m’interroge. Derrière elle, sur le mur, des diplômes d’ostéopathe et de sage-femme. La grossesse, l’accouchement, l’après. Tout y passe. Je me sens écoutée, entendue, respectée. Je pourrais dire enfin, je dirai juste : encore.

Il y a eu cette discussion entamée ici avec cette sage-femme blogueuse, bienveillante, qui m’a fait prendre conscience que même un an après tout était réparable. Il y a eu ce mail envoyé à ma sage-femme, le soir où je me suis sentie prête, pour lui demander ses contacts. Il y a eu ce message, laissé sur le répondeur, et le rendez-vous, deux jours après. Il y a eu l’appréhension et la boule au ventre puis le soulagement en voyant que je pouvais me relâcher, lui faire confiance.

Elle me parle de la mémoire des cellules, de la bienveillance à apporter au coeur (ho le joli lapsus en voulant parler du corps), à ses traumatismes. En dénouant les tissus, elle délie ma parole. Accoucher de son accouchement. Cicatriser de ses cicatrices. Du baume au corps.

[ On a prévu plusieurs séances, entre rééducation (pas de grotte, de vague ni de pont-levis mais un travail sur les tissus) et ostéo. Si j’en parle aujourd’hui c’est que je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas, que certaines cicatrices physiques peuvent mettre très longtemps à disparaitre et avoir des répercutions sur nos vies de femme. Il y a des solutions. Il y a – heureusement –  des soignants formidables, qui comprennent que tout ça, ce n’est pas une fatalité. ]

M comme Margo, Maylis, et les autres…

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Le cancer des enfants, on sait tous que ça existe, on trouve tous ça injuste… mais combien d’entre nous agissent?

Pas moi. Ni toi, peut être… et pourtant. On devrait. Parce qu’on est tous concernés.

“Chaque année, en France, 2000 enfants sont diagnostiqués et 500 enfants meurent d’un cancer.
1 enfants sur 440 sera diagnostiqué d’un cancer avant l’âge de 15 ans. Le nombre de cancers des enfants augmente de 1 à 2% par an en Europe, depuis 30 ans.

Et pourtant,

  • Seulement 2% des fonds dédiés à la recherche anti-cancer sont alloués aux cancers pédiatriques,
  • La recherche est essentiellement axée sur les cancers des adultes. Or, les tumeurs malignes détectées chez les enfants ne sont pas de la même nature que celles des adultes et ne peuvent donc pas se soigner de la même manière.
  • 50% des médicaments administrés aux enfants ne sont officiellement pas autorisés chez l’enfant (non spécifiquement développés et testés sur les enfants).

Il n’y a pas 1 type de cancer mais plus de 60 types de cancers (Leucémie, gliome de bas grade, neuroblastome, cancer infiltrant du tronc cérébral, etc…) ce qui fait que pour chaque type de cancer, il y a peu d’enfants concernés et donc le marché des médicaments et petit et n’intéresse pas les industriels.” (source)

Moi, quand je lis ça, j’ai envie de crier d’injustice. Mon amie Mathilde, elle, elle agit. Et pour ça (et pour 10 000 autres raisons), je l’admire. Parce que son coeur est énorme, parce qu’elle donne aux autres, tellement…

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Le 28 septembre, comme depuis 2 ans, elle courra pour l’association Imagine for Margo. Grâce à elle, et peut-être grâce à vous, la recherche bénéficiera de fonds supplémentaires pour botter le c** à ces foutus cancers. Pour cela, elle a besoin de remplir sa cagnotte, juste là. Vous pouvez l’aider en donnant 5€ ou plus, chaque don compte. Cerise sur votre feuille d’impôt, comme Imagine for Margo est une association reconnue d’intérêt général, ce que vous donnez peut être réduit à 66% de votre impôt sur le revenu.

Alors pour Margo, mais aussi pour Maylis, Félix, Zoé & Pascal. Aidez-la, aidez-les. Cliquez, donnez.

Et le rapport avec les jolis cuissots de mon minot? C’est parce que Mathilde organise aussi une vente pour remplir sa cagnotte et que j’ai rejoint d’autres créatrices pour l’aider. Il y aura des bijoux, des tee-shirts, des bavoirs, des doudous et quelques bloomers comme celui-là. Parce que tous ensemble, on peut y arriver.

On est à 5 mois de la course. On compte sur vous?

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“Mais pourquoi au juste bénéficiez vous des contrats aidés?”. Le regard est suspicieux, je sens le malaise qui emplit la toute petite pièce. Je joue carte sur table. Je dis les mots qui font peur : “travailleur handicapé”. Je parle de mes contraintes, physiques, qui ne sont pas incompatibles avec le poste. Et ce faisant, j’ai l’impression d’être nue face à eux, de devoir tout justifier, de prendre des coups.

Les trous dans mon CV, les ruptures de contrat. Tout devient suspect. Ils n’ont pas le droit de demander mais je ne peux pas ne pas répondre. La nature du handicap, et, d’ailleurs, est ce que je suis suivie? est ce que ça va évoluer?

Leurs questions sont illégales, mais elles n’en sont pas moins légitimes.

Je sais que l’autre candidat, celui avec lequel ils hésitent, devra parler à nouveau de ses compétences, de son parcours. Il se projettera, leur expliquera… là où moi j’ai dû rassurer.

Une femme, un enfant en bas âge, un handicap.

Un heureux évènement (?)

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“Un des derniers tabous de notre société est la maternité” Eliette Abécassis

J’avais vu ce film avant d’être enceinte et j’avais trouvé le trait exagéré. On a revu ce film il y a quelques jours, et on l’a trouvé très juste (mon amoureux était de la partie). Le corps possédé / dépossédé, l’épreuve pour le couple, le rapport à la famille, la perte de son propre nombril… je me suis reconnue, je nous ai reconnus et j’ai reconnu quelques copines, aussi.

« Il doit y avoir un programme dans le cerveau qui supprime le souvenir de la douleur. Car plus tard, tout se sera effacé de ma mémoire, comme par magie. Mais la vérité c’est ça, dans un accouchement on vous déchire de l’intérieur, et on vous recoud avec du fil et une aiguille. »

Bien sûr, le trait est exagéré par moments (je me suis permis un petit “mais quelle c*nnasse” à la sage-femme du film hum), bien sûr, on vit toutes la maternité de différentes manières, et encore heureux… mais au fond, est ce qu’on n’en passe pas toutes par là? Est ce qu’on peut ressortir indemne d’une grossesse, d’un accouchement?

“Désormais ma vie ne m’appartenait plus. Je n’étais plus qu’un creux, un vide, un néant. Désormais, j’étais mère.”

Happés par ce petit être qui ne semble jamais rassasié, alors que notre corps souffre encore du post partum, dépassés par les pleurs, les demandes permanentes et malgré l’aide, l’écharpe, les conseils, les aménagements… il est facile de s’oublier. Facile d’oublier de prendre le temps de souffler, de se reposer, de s’écouter.

Je me souviens de ce pédiatre, à la maternité, qui m’a dit “si vous avez faim et lui aussi… qui passe en 1er? Et bien c’est vous. Vous lui dites, à votre bébé, que vous avez besoin de manger pour être en forme et vous occuper de lui. Il comprendra… et surtout il a besoin de parents en forme et heureux pour l’être à son tour. Pensez à vous.” J’ai eu tendance à l’oublier.

« Je crevais d’envie de l’aimer. Je crevais d’envie qu’il m’aime. Mais c’était difficile. Mon corps était devenu insensible. Je ne ressentais plus rien qu’une sorte de gène. Infirmières, médecins, sage-femme, obstétriciens… Tellement de gens m’avait touchée, et de façon si mécanique, que désormais, tout était désacralisé. Mon sexe n’avait plus rien de sexuel. Il était devenu… Un endroit de passage. Déchiré, cousu, décousu. Mais jamais vraiment cicatrisé. »

Mais la maternité, la parentalité, c’est aussi, malgré la fatigue, les sentiments contradictoires… malgré cette impression de vide, ce grand chamboulement, cette perte de repère… c’est l’amour qui prend une place immense. Le coeur qui déborde, oui. Pour ce petit truc dans son berceau. Le corps qui se fissure, oui, mais qui retrouve ses marques. Le couple qui en prend un coup, mais l’étincelle au fond des yeux, qui revient. Oui. Et je crois même qu’on remet ça.

 

6 mois à petits pas

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Le 1er janvier, notre Poc a eu 6 mois. A 6 mois, A. …

– a eu 2 dents en cadeau pour Noël et une varicelle pour le 1er de l’an.

– est soudainement très intéressé par la nourriture et a goûté ses premières purées à 6 mois et quelques tous petits jours.

– a décidé de se retourner pour de bon dans les deux sens le jour où on a commencé la diversification.

– adore toujours autant le bain, met ses pieds sur le rebord de la baignoire et tape dans l’eau en se marrant.

– est hystérique à l’approche d’un livre, il devient complètement fou!

– est sociable, adore rencontrer des gens, leur faire de grands sourires et discuter. Il nous oublie presque dans ces moments là! Il a vu du monde pour noël et fait des balades en porte bébé contre sa tatie et sa grand mère.

– fait des prrrrrrrr prrrrrrr de bouche, en postillonant partout, un vrai brumisateur!

– commence à dire des taaa taaaa chaaaa baaaa ect ect et chuchotte par moments, ça me fait mourir d’amour.

– fait désormais ses siestes dans son lit, après une longue période à dormir sur nous.

Le Poc a 6 mois, une demi-année, 3 saisons.

2.0.1.4.

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Je vous souhaite :

– moins de mauvaises nouvelles, mauvaises surprises, mauvais sorts.

– moins de microbes, de bactéries, de maladies et tout ce qui empêche d’avancer.

– moins de prises de têtes, d’engueulades, de mauvais mots et mauvais esprits.

– moins d’agressivité au quotidien, d’individualisme, de nombrilisme exacerbé.

– moins de “tu devrais”, “il faudrait”, “si j’étais toi” intrusifs.

– moins de tristesse, de larmes refoulées et de boules au ventre.

 

Je vous souhaite, comme en 2013, d’être JUSTE heureux.

5 mois à petits pas (et drôlement en retard)

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Mr Poc a eu 5 mois et à 5 mois, ce poc là…

– a eu des moments difficiles. Il ne dormait que sur moi, avait des nuits agitées aux nombreux réveils jusqu’à ce qu’on en trouve la cause : un rgo interne qui le faisait souffrir. Depuis le début du traitement ça va drôlement mieux!

– a eu ses premiers vaccins et tout s’est très bien passé! L’effet antalgique et réconfortant de la tétée l’a beaucoup aidé.

– essaye de faire des bisous (enfin, on pense…), applique sa bouche graaaaande ouverte sur nos joues et bave. Ca nous fait fondre, bien évidemment.

– s’est retourné plusieurs fois un peu par hasard mais c’est pas vraiment son truc. Lui, ce qu’il aime c’est être sur le côté!

– porte absolument tout à sa bouche : les cordons de vêtement, les langes, les jouets… tout ce qui passe à sa portée. Les chats lui résistent encore.

– a découvert qu’il pouvait attraper nos bouches, nos nez et le gras du cou. Aieuuuuh

– a également découvert ses pieds. Sa passion numéro un consiste a attraper son pied gauche et à râler parce qu’il n’arrive pas à le porter à sa bouche. Sa passion numéro deux consiste à attraper ses 2 pieds dans la Shantala et à secouer le tout.

– est tombé amoureux d’un grand éléphant tout doux tout doux! il lui mange les pieds, les mains, les oreilles. On l’appelle LeGrosEléphantBaveux.

– commence à apprécier la poussette, mais seulement dans sa coque… il apprécie d’être un peu en hauteur et de tout voir. Il devient très patient pendant les courses.

– s’est fait 2 potes de son âge, adore voir d’autres enfants et les observer jouer.

– tire sur ses chaussettes à longueur de temps. On lui met des collants, on est sadiques.

On commence à bien s’éclater avec notre petit bonhomme, 5 mois est vraiment un âge chouette!