La petite mésaventure

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Samedi 4/05 – 21h

J’ai mal au ventre depuis la veille, et mon amoureux commence à s’inquiéter un peu. Les contractions sont là, mais depuis quelques mois, chaque soir, j’y ai droit. J’en parle un peu sur twitter et les copines m’engueulent pour que j’appelle la sage-femme des urgences gynéco de la maternité. Je ne suis vraiment pas inquiète. Après tout j’ai mal au ventre depuis 2 jours, le médecin m’a dit que je couvais sûrement un truc…

2h plus tard, ils ont tenu à ce que je vienne et le verdict tombe : je ne couve rien du tout (façon de parler) ce sont juste des contractions douloureuses qu’il faut stopper car elles agissent sur le col. C’est pas la cata, on me donne ce qu’il faut et hop! Retour à la maison.

Dimanche – 16h

Me voilà de retour aux urgences. Réveillée à 4h par la douleur, on a attendu que la pharmacie de garde ouvre pour aller chercher mon traitement… qui n’est plus distribué. Ma sage-femme jointe par téléphone me donne la marche à suivre à base de shoot de spasfons mais vers 15h, ne voyant pas la situation s’améliorer, elle me dit de foncer aux urgences. Retour du monito, retour du traitement (qui ne fonctionne pas cette fois), examen et le verdict tombe : je suis passée dans la phase critique où ils ne se posent plus de question, c’est l’hospitalisation. On m’administre de quoi faire mûrir les poumons du bébé, on passe au traitement choc, et à 19h, me voilà seule, avec 3 affaires prises en urgence, dans ma chambre du service des grossesses pathologiques.

Vendredi 10/05 – 16h

Je pousse enfin la porte de chez moi. La semaine a été riche en rebondissements (“vous pouvez sortir cet après-midi. Ha non, vous ne sortez plus!”). Perfusions pendant 48h (dont 3h en salle d’accouchement pour la surveillance, autant vous dire que ça met dans l’ambiance), retour des contractions, examens divers et variés, échographies, découverte d’un retard de croissance chez le Poc, stabilisation du traitement à défaut de stabiliser les contractions… on me renvoie chez moi. La priorité était de faire mûrir les poumons du bébé, ses monitos à lui sont parfaits, il est viable, on m’explique qu’ils ne stopperont plus mes contractions à tout prix, mais que quand même, ce serait bien que je tienne jusqu’à 34sa (j’en suis à 31 ce jour là). J’ai ordre de revenir en cas de contractions rapprochées / douloureuses et le suivi se poursuit à domicile, 3x par semaine.

Depuis vendredi, après l’appréhension du retour à la maison (et si on devait repartir? et si je ne me rendais pas compte que ça n’allait pas?), je dois dire que c’était vraiment LA chose à faire. Retrouver le calme de chez soi, son amoureux (qui assure, si vous saviez!!!), la douceur, la bonne nourriture, le calme (je l’ai déjà dit?)… Malgré les séries de contractions 3 ou 4 fois par jour, on n’est pas retournés aux urgences. Je gère avec mon traitement, le repos strict, la détente et les bons conseils de ma sage-femme. L’objectif est de tenir encore 15jours pour passer le cap des 34sa, puis d’arriver à 37 pour sortir de la prématurité.

Le moral reste bon, je suis très bien entourée et soutenue. (D’ailleurs j’en profite au passage pour remercier les copines de Twitter, je vous aime, y’a pas d’autres mots). Alors par moments, c’est difficile… difficile de faire l’aller retour entre se projeter le plus loin possible et essayer malgré tout de se préparer un peu à la néonat, parce qu’il faut bien. Compléter son trousseau en taille naissance, et dénicher quelques pièces en taille prématuré, au cas où. Difficile de ne pas s’inquiéter pour le Poc, espérer que l’écho de mardi nous dira juste que c’est un petit bébé, rien de plus. Difficile aussi d’entendre les témoignages de celles qui ont été dans ce genre de situations et t’assurent que ça va aller, que beaucoup de bébés naissent à terme, voir qu’elles ont finalement été déclenchées. J’ai du mal avec l’excès : l’excès de pensées positives et l’excès d’idées noires. Je suis très contente pour elles, mais malheureusement on ne peut pas savoir, ou plutôt on saura quand il sera là. Les médecins sont beaucoup plus frileux, et je préfère m’en tenir à leur discours plus réaliste, passer les étapes, une à une, pour pouvoir regarder en arrière, dans quelques semaines, en me disant qu’on a, malgré tout, eu beaucoup de chance.

Je reviens vite avec du tricot, de la couture…j’ai un retard monstre!

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4 thoughts on “La petite mésaventure

  1. Je ne sais que dire si ce n’est que je t’envoie du soutien et du courage. On ne peut pas savoir à l’avance, évidemment, mais t’occuper l’esprit positivement ça fait du bien quand même et ça permet forcément de mieux appréhender la suite, quelle qu’elle soit. Bises.

  2. Je t’embrasse fort fort fort.
    Et s’il te plaît, lis ce message au Poc : “il fait un temps épouvantable, reste au chaud, crois-moi, tu ne veux pas voir un mois de mai aussi pourri. Bisous”

  3. Et moi je trouve que tu as bien raison, prendre les choses les unes après les autres et on verra bien après ! Et on trouve toujours qu’on a fait du mieux possible et que finalement on s’en sort plutôt bien… Les excès dans les deux sens peuvent faire plus de mal que prévu. Je vous embrasse fort fort tous les trois !

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