debut4mois(photo prise hier, début du 4ème mois)

Je m’étais dis que je saurais avant de découvrir. Je m’étais dit que je prendrais une photo par semaine pour voir l’évolution. Je m’étais dit que je tiendrais un journal et que je lui raconterais tout : avant lui, nous, son histoire, l’attente, le cocon… Je m’étais dit que je serais submergée par la maternité, que je me projetterais sans problème, que je lui parlerais, chaque jour. Je m’étais dit qu’on serait tous les deux sur un nuage, qu’on ne parlerait que de lui, qu’on organiserait sa venue, dès le début et dans les moindres détails. Après tout, on l’a tellement désiré, attendu, espéré…

Je n’imaginais pas la peur, qui paralyse, au début. Je n’imaginais pas me sentir agressée par tous, par tout, et surtout par les bons sentiments. Je n’imaginais pas cet état, encore indescriptible. Je n’imaginais pas ces mauvaises nouvelles, autour de nous, et ces rendez-vous à prendre, en plus, pour savoir. Je n’imaginais pas que ce n’était pas forcément simple de lâcher prise. Je n’imaginais pas cette animalité, latente, et cette agressivité, qui ne demande qu’à sortir, dès lors qu’on essaye d’envahir mon espace, notre espace. Je n’imaginais pas la difficulté de parler de ces sentiments là, et la culpabilité de les ressentir, aussi. Le sourire de façade, les “on dit” répétés.

J’aimerais vivre tout ça pleinement, en étant insouciante. J’aimerais lui parler, lui écrire, l’imaginer, me projeter, le nommer. J’aimerais ressembler aux images des magazines, avoir un sourire niais, ne pas me refermer, quand on m’en parle. J’aimerais que tout semble évident, j’aimerais ne pas me poser dix mille questions, sur l’avenir, sur nous, sur lui. J’aimerais m’enfermer dans une bulle et ne plus me laisser atteindre. Ventre cocon, tête caverne.

Je suis heureuse, oh, ça, oui! Je suis consciente de cette chance qui s’offre à nous, ce pied de nez à la nature, cette folie douce. Je suis reconnaissante. Je suis amoureuse. Je suis entourée. Je suis écoutée. Je suis…chamboulée.

(Est ce que ça a été simple pour vous? si vous voulez partager votre vécu, cela m’intéresse…)

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16 thoughts on “

  1. Je n’aime pas particulièrement me citer, mais ton article résonne beaucoup en moi et me rappelle ce que j’avais pu écrire il y a un peu plus d’un an, ici : http://mamanendevenir.wordpress.com/2011/09/20/down/ 😀

    Alors non, tu n’as pas à culpabiliser de ressentir tout ça. Oui c’est normal toute cette vague d’émotions contradictoires, ces idéaux qu’on avait en tête et qu’on n’arrive pas à coller à la réalité. Oui oui oui. Le chamboulement est tel qu’on ne peut pas le définir par une seule bouffée de bonheur et de gratitude. C’est encore tellement d’autres choses, c’est bien plus complexe que ça …

    Et peut-être que l’insouciance, il va falloir apprendre à faire sans. Parce qu’elle ne sera jamais aussi forte que par le passé. Parce que la responsabilité d’être, de devenir parents, l’engloutit trop souvent.

    Laisse-toi le temps … 9 mois, c’est le temps nécessaire pour se construire en tant que parent, tu ne peux pas avoir toutes les cartes en main tout de suite, elles vont apparaître pas à pas, progressivement. Les choses vont se clarifier, s’affiner, se concrétiser.

    Mais ne culpabilise pas, surtout pas, tu vis tout ça comme tu peux, différemment de ce que tu avais imaginer, mais ce n’est pas grave. C’est toujours différent … Mais ça n’en sera pas moins beau, promis ! 😉

    Des bisettes !!!

  2. Les autres sont tellement dans l’attente de TON euphorie, TON bonheur que tu crois être tout à fait à côté de la plaque… et en fait non, chacune va à son rythme… Une fois de plus, pas de règles précises… NumUn a eu 7 ans et je suis encore dans le questionnement: me sens-je mère? Le suis-je vraiment?

  3. Je pensais comme toi, que quand j’allais tomber enceinte et qu’il tiendrait, ce serait magique. Et puis au final j’ai mal vécu ma grossesse, j’étais très angoissée de perdre mon bebe, et du coup j’avais du mal à assumer mon état de femme portant la vie. En plus chacun pense avoir son mot à dire, tu te fais zieuter de haut en bas, on veut te peloter le bidon …
    Le premier mois après la naissance n’a pas été facile non plus. Non mon bebe ne correspondait pas du tout à ce que j’avais imaginé. Là ce fut même plus dur, beaucoup plus dur.
    Mais ensuite tout se tasse, on comprend plein de choses et enfin on PROFITE d’être maman !

  4. Je ne sais plus si j’ai déjà écrit là-dessus, mais ce que tu dis, je crois que c’est quelque chose dans lequel on passe toutes plus ou moins.
    Je me souviens que je voulais vraiment un enfant, mais ça ne marchait pas : mon cycle était bloqué, on m’a prescrit des médocs. Je me demandais si les contre-indications n’étaient pas un peu risquées (c’était un produit à base d’ergot de seigle, comme le LSD), mon ex m’a demandé si j’étais sûre de vouloir cet enfant.
    Ca m’a débloquée.
    Puis la grossesse et son lot de questionnements sont passés… je crois que quand tu as la tête qui turbine tout le temps en temps normal, l’attente accentue le phénomène. Mais ce n’est pas si grave.
    Je voulais aussi répertorier plein de moments, d’événements, 11 ans après, je ne l’ai toujours pas vraiment fait. Juste des bribes deci-delà. Je ne crois pas que ce soit un problème. Ma fille grandit bien, plutôt joyeusement, notre lien est solide et chouette. Jusqu’ici tout va bien 😉

  5. Oh la la ma jolie, mais ne te sens pas coupable de ces sentiments. Tout ce que tu décris c’est normal… C’est pas parce que c’est “normal” que c’est plus facile à gérer. Mais s’inquiéter, c’est aimer, protéger, anticiper… Ne pas trop se projeter, c’est là aussi se protéger. Les gens qui t’agacent, ton espace… c’est ton cocon, ton nid que tu es en train de préparer pour ce petit bout de chou en devenir. Et oui, “en devenir”. Je suis la première à crier haut et fort qu’à partir du moment où le test de grossesse est positif c’est un bébé (et non pas un embryon ou un foetus), ton bébé, votre bébé… Tu l’aimes déjà très fort, j’en suis certaine et toi aussi ! (aller dis le !) Mais mine de rien, la grossesse si elle dure 9 mois, c’est pas pour rien. Ces 9 mois lui sont nécessaires pour naitre au monde, mais ils sont également nécessaire pour s’apprivoiser. En quelques mois tu vas faire connaissance avec cet enfant, tu vas rencontrer la maman que tu es en train de devenir, tu vas découvrir ce corps qui est tien et qui est pourtant si différent de celui que tu connais déjà, tu vas (re)découvrir ton couple. Le couple, une nouvelle entité où ce bébé prend sa place petit à petit.
    Tous les liens se font… petit à petit. Laissez vous du temps, ça viendra. Tu as encore 5 mois de grossesse pour tout ça, et tu sais quoi ?! Tu auras encore toute la vie pour t’inquiéter, l’aimer, te remettre en question, douter, avoir le spleen puis rebondir, etc.

  6. Se questionner est normal je pense, j ai mis très longtemps à réaliser ce qui m arrivait.
    Prenez votre temps, prenez soin de vous et de votre cocon d amour.
    Plein de bisous

  7. Non on n’imagine pas et on y plonge. Pis le journal… ah le journal!
    Tant de choses que l’on imagine et qui ne se passent pas comme on l’avait rêvé. Mais ça n’est pas parce que c’est différent que c’ets moins savoureux.
    Bisous.

  8. Je ne sais pas si c’est possible d’être complètement sereine/zen/confiante quand on attend un bébé. C’est toute notre vie qui change, comment ne pas être chamboulée ?
    Pour mon aînée, j’ai passé les presque neuf mois à me poser mille questions, sur elle, sur moi trop jeune pour être maman (et pourtant elle n’est pas arrivée par hasard, c’était tout à fait volontaire), sur notre couple fragilisé par les chamboulements de la vie, sur mon ventre qui ne grossissait pas assez à mon goût… Pour mon deuxième, attendu beaucoup beaucoup plus longtemps, j’étais heureuse, vraiment, et sûre de notre décision, enthousiaste, pressée de le découvrir, et en même temps, j’ai détesté me sentir handicapée par mon gros ventre (jamais contente moi ? Nooooon… 😉 ), nauséeuse pendant trois mois, énervée quand les gens ne me cédaient pas leur place dans le métro, agacée par les pronostics sur son sexe (JE NE VEUX PAS SAVOIR MERCI !) ou les inconnus voulant toucher mon ventre. Bon d’accord je ne suis pas une référence, je n’aime pas être enceinte et si je pouvais passer du stade “arrêt contraception” à “accouchement”, ça m’irait très bien 😉
    Mais dans tous les cas, je crois qu’il n’y a pas à culpabiliser, prends les sentiments comme ils viennent, c’est aussi comme ça qu’on devient mère.

    (PS : et tu parles d’animalité, attends qu’il/elle soit dans tes bras, tu verras comme on passe d’humaine à louve en quelques instants 🙂 ).

  9. J’arrive ici je ne sais pas trop comment.
    J’aime beaucoup votre (ta?) plume, et les aiguilles me ravissent.
    Je viens de me remettre au tricot, mon petit gars a un peu plus de 2 ans.
    On fait des plans sur la comète, on se projette. Et finalement, rien ne se passe exactement comme on l’avait prévu.
    Finalement, “devenir parent”, c’est l’apprentissage de la flexibilité à tous les étages.
    Je reviendrai.

  10. Moi je ne vais pas pouvoir partager mon expérience, mais avec ce que tu racontes ici, je me dis que finalement toutes ces années à attendre (on en est presque à 7 maintenant), avec les découragements incroyables, les incertitudes, les envies de tout envoyer promener, c’est peut être un peu comparable à une grossesse (terriblement longue). Grâce à ce que tu dis, je commence à mesurer que finalement aucun chemin n’est vraiment simple ou plus facile qu’un autre, celui d’une grossesse n’est pas nécessairement plus tranquille que celui d’une adoption, même si de l’extérieur ça peut être tellement enviable… Tu m’aides à avancer et à prendre du recul, merci !
    Je t’embrasse fort et te souhaite de trouver les réponses à tes questions et un équilibre satisfaisant et tranquilisant…

  11. j’en suis à peu près au même stade que toi et je passe dans une période d’accalmie après une grosse période d’angoisse. Pourtant, ou peut être à cause, c’est ma deuxième grossesse, qui me confirme juste que pour moi, je suis loin du stéréotype de la maman “j’adoore être en enceinte”, je suis “une juillette 2013” et cie.
    Je n’aime pas que ça se voit, être obligée de l’annoncer, être confrontée à la réaction des gens quelle qu’elle soit, ne pas oser dire non quand quelqu’un a l’idée (non mais quelle idée!) de te toucher le ventre. Et inversement des fois j’ai l’impression que les gens s’en foutent et ça m’énerve.
    En fait je crois que j’hibernerais bien jusqu’à l’accouchement et un ou deux jours après !:-). Pour moi je ne vis pas la grossesse comme une symbiose totale mais plutôt comme une cohabitation avec des jours supers et des jours moins, un petit couple quoi.
    Bref pas facile la grossesse ni l’après. Je crois qu’il faut prendre les choses comme elles viennent et ne pas se prendre la tête, encore moins sur l’avis des gens, même si ce n’est pas toujours facile.

  12. Juste pour te dire que les images de “Parents” zen et édulcorées sont loin de la Vraie Vie et de la variété des Emotions que la Vie peut nous apporter !
    3 poussins de 13 à 4 ans ici et toujours des grossesses si différentes (sans parler des ratées !!!). Ce que je regrette le plus c’est cette sur-médicalisation parfois et les paroles bien maladroites que l’on peut entendre…
    Alors bon chemin de Vie pour vous et il n’est jamais trop de 9 mois pour devenir parents…

  13. Je ne sais pas si vous l’avez annoncé mais nous on a gardé le secret pendant 3 mois. 3 mois horribles, ou chaque activité que tu as te semble tellement futile a côté de ce que toi tu es en train de vivre, de fabriquer sous ton nombril. Et tout ça sans pouvoir le partager donc oui je comprends ton agressivité parfois. Et puis c’est le côté animal qui prend le dessus. Tu sors les crocs quand on veut toucher a ton nid. Et tu fais bien ! Ce mois-ci, ça devrait aller mieux.

  14. Je découvre ton blog et je suis conquise par la délicatesse de tes mots, tes photos.

    J’ai deux petits garçons et tes posts réveillent plein de souvenirs, mais c’est aussi l’occasion de me regarder, moi Maman d’un Octave de 4ans et 4 mois et d’un Ernest d’1 an et 4 mois.
    Oui, devenir Maman, in bido ou ex bido c’est vivre de grosses et grandes et fabuleuses et terrifiantes émotions. Avoir peur et confiance, aimer éperdument, inconditionnellement. Se découvrir aussi et faire vivre une part de soi que l’on ignorait.
    Je suis émue quand je vois une future Maman qui vit si pleinement sa grossesse parce que ce n’est que le début d’une magique valse des émotions et sentiments

  15. Coucou. Je prends le temps de venir visiter ton petit endroit a toi. C’est très joli. Je choisis de répondre sous ce post car je me suis retrouvée dans certains passages.
    Avant d’avoir mon premier garçon j’ai fait une fausse couche alors quand je suis tombée enceinte d’éthan j’ai eu peur de m’investir tout de suite.
    Et je crois que c’est pendant cette première grossesse que j’ai commencé a ne plus supporter les gens… ceux qui te disent comment faire etc…
    Et pour l’allaitement n’en parlons même pas

    Je te souhaite de tenir encore un petit peu mais si mes calculs sont bons tu es a 34 semaines la non?

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